Allez hop, départ pour le 39, rue des petites écuries dans le 10e. Nous partons en avance et confiants, dirigés par le GPS de Nico... Et là c'est le drameQuiconque connaît Paris en voiture sait que pour allez dans le 10e, le plus simple est de sortir Porte de Vincennes, puis Nation, République, Grands Boulevards... Bref, dès qu'on passe au nord de la Seine, c'est périph obligatoire. Mais Tomtom est taquin, nous le suivons bêtement, et donc le trajet sera Porte d'Orléans, Denfert, Ile de la Cité, Touristes, Paris Plage, Chatelet... Bref, un gros bordel chargé de sens uniques et de bouchons... Et nous arrivons avec un tout petit peu de retard. Nous parcourons environ 1000 kilomètres pour trouver une place, mais nos amis (sauveurs ?) de NEDRA nous ont gardé une place à 10 mètres du club. Hallelujah !!! Merci les gars !
Il est 18h15, nous descendons le matos, nous amenons les amplis et têtes d'ampli depuis la voiture de Nico, qui lui est garé à environ 500m. L'attelage composé d'un baffle 4x12' surmonté d'un carton avec une tête Mesa Boogie Single Rectifier ET d'une tête Peavey 5150 est manoeuvré par Nico qui pousse, Guillaume en stabilisateur latéral et moi au devant pour soulever le tout aux passages délicats (passages piétons, trottoirs, pavés...) dans une épreuve digne de Koh Lanta.
La sono commence à être installé, nous avons pris notre sono pour les retours, les mecs de SYLLIA qui organisent s'affairent autour de la batterie et de la sono. Nous installons les amplis, la scène prend forme. Il est environ 19h quand nous attaquons une mini balance. Nous jouons en dernier, et nous devons nous occuper de faire fonctionner le séquenceur et le retour casque de Stef. Quelques minutes plus tard, nous jouons 2 minutes de "For My Own Sake" pour tester le tout, notamment le chant et les choeurs. Tout est nickel, nous laissons la place à NEDRA à 19h20. Autant nous aimons jouer peu fort sur scène pour laisser la place aux arrangements, pour le confort du public et de Guillaume, autant NEDRA fait parler les Mesa Dual. En même temps, cet ampli ne sonne bien QUE fort.

Et puis le Rock de Nedra mérite cette débauche de Watts (mais nécessitera des bouchons dans la soirée quand même, je ne tenais pas, c'est rare !).
19h40, Syllia s'installe pour un mini balance. Nous montons boire une bière, puis nous discutons de l'endroit où nous mangerons. 20h, les balances se terminent, et nous apprenons alors que le concert est décalé d'une heure et débutera donc à 21h. Merde, nous jouerons alors à 23h pour finir à minuit, nous savons alors qu'il sera difficile de conserver le public jusqu'à nous.
Bref, nous partons alors au McDo en face du Grand Rex. Je me souviens alors de la dernière fois où j'y ai mangé, il y a 10 ans après être allé voir "Titanic". Nous espérons que ce n'est pas un mauvais présage.
Et cette autour de cette table que nous arrêtons une décision importante : les dates d'enregistrement de l'album ! Contrairement au 1er album, nous comptons boucler le tout dans un délai d'un mois (contre 1 an pour "Drops of Chaos") : enregistrement, mixage dans la foulée et mastering. Nous avons une deadline à fin novembre. Nous calons alors 10 jours au Studio de la Tour Fine début novembre, Stef me rassure quant à notre préparation : la méthode de travail que nous avons est payante, Stef répète seul le samedi en plus des répètes en groupe, et nous avançons vraiment vite. Il me demande d'ailleurs de sortir de nouveaux mix guitares-arrangements sans voix et sans batterie pour bosser d'autres titres avec le playback. Je suis impressionné. D'ailleurs, nous avons déjà bouclé 9 titres en préprods, il en reste 6 dont certains sont pas mal avancés.
Il nous reste maintenant à réserver le mastering, voir chez qui on le fait. Nous réfléchissons aussi au travail de mise à plat des arrangements à faire entre Stef et moi (en octobre probablement), à créer un fichier de synthèse récapitulant par écrit tout ce qu'on doit enregistrer et notant tous les effets réalisés en préprods, il y a encore pas mal de tablatures à écrire. Du boulot en vue.
Deux Mc Bacon plus tard, nous revoilà au Palais Bar pour voir SYLLIA (www.myspace.com/syllia). Nous ratons le tout début du set, mais nous profitons quand même de leur style à la fusion du metal, du rock, du prog... Il y n'y a que des bonnes choses dans le groupe : une chanteuse qui a une belle voix qui s'en sert bien, sachant jouer des impro arabisantes jusqu'au growl le plus méchant. Le guitariste et le bassiste sont survoltés, ils sautent sans pour autant simplifier leur jeu. Le gratteux joue beaucoup des delays, il y a beaucoup d'énergie débridée, et une vraie recherche dans le jeu basse/guitare. Le batteur a un style prolifique, disons pas sobre, ce qui est raccord avec les autres zicos. J'apprécie beaucoup certaines lignes mélodiques, de bons refrains, des riffs entraînants.. Bref, ils ont les bons ingrédients. La formation est jeune (moins d'un an), et la recette n'est pas encore au point mais il ne manque pas grand chose. Loin de moi l'idée d'être bassement critique, mais j'apprécie beaucoup ce groupe, musicalement comme humainement, et nous avons d'ailleurs distillé quelques conseils à la fin du set. Ils nous gratifient de 2 reprises : une de Lacrimas Profundere, une de Marylin Manson. Ces gens là ont du goût !
J'ai vraiment hâte d'entendre la suite, en espérant que les titres seront aussi techniques, mais plus simples sans être simplistes pour autant. J'espère que le groupe s'il me lit ne m'en voudra pas de livrer mes impressions de la sorte, car ce n'est en aucun cas prétentieux de ma part, et c'est vraiment parce que j'apprécie SYLLIA, ils ont le potentiel pour faire quelque chose de gros, et j'ai envie d'écouter la suite, d'ailleurs si vous voulez venir nous voir en studio et tout, ce sera avec plaisir !
La suite avec NEDRA. C'est la 3e fois que nous jouons ensemble depuis le début de l'année, et je connaît déjà bien leurs titres. Nous partageons le même label d'ailleurs. Ils commencent fort avec leur excellente reprise de Cabrel "Les murs de poussière". J'ai toujours trouvé cette reprise excellente, ultra péchue, avec des super harmonies de guitares. Direct je suis à fond dans le set. Je mets mes bouchons car ça joue fort, et surtout je me suis rapproché de la scène. Ils enchaînent avec l'excellent "D'un extrême à l'autre", encore une fois, ce titre est une bombe, c'est impossible de ne pas bouger son corps la dessus. En l'occurrence, ce sera les pieds et la tête car le public ce soir est assis. La salle est petite (80m²), avec tables et poufs, ambiance lounge-sous-sol, le groupe joue au sol. Pas le top, mais j'adore cette proximité avec le public. NEDRA enchaîne avec les autres titres de sont album : dans le désordre "Templiers", "Le coup de grâce", "Prisonnier", "Lemnos"... Encore un bon set de NEDRA, je suis bien placé pour zieuter les nombreux soli de Vassago, et ses belles PRS... Par ailleurs, le groupe sera au RAISMESFEST les 13 et 14 septembre à Raismes dans le Nord pour participer à ce grand festival ! Chapeau bas messieurs.
Pas grave, notre programme commence par "Existence", nous allons enfin pouvoir tenter d'obtenir une version qui soit plus mise en valeur. Au menu, modif de la structure : nous divisons la durée des couplets par 2, et il devient évident qu'il faut trouver une autre partie de chant plus rythmée en lieu de place des 2 parties lentes existantes. Aussitôt dit, aussitôt fait, Guillaume est inspiré et en voix, nous enregistrons un version assez calme et un version poussée et harmonisée pour la 2nde partie du 2e couplet. Nous déplaçons l'interlude du milieu à la fin, on rajoute quelques guitares arpégées avec du delay, quelques pianos inversés, et au bout de 3 heures, nous arrivons enfin à obtenir un truc + compact. YAOUH ! On espère que Stef, Nico et Fab apprécieront.
Il est déjà 19h, le temps d'exporter et de mailer tout ça à nos collègues en espérant qu'ils aimeront, et nous allons chercher Fabien pour la soirée poker chez Nico.
Réveil TRÈS dur le lendemain à 09h30, un pti dej et une douche, et nous revoilà au sous sol pour taffer "Ninlike".
Il nous fallait partir à 16h30 pour aller jouer au Palais Bar à Paris, mais ça, j'en reparlerai demain.
D'ailleurs j'ai eu l'idée de récupérer quelques bon riffs de la démo "Wales", en descendant de 1 ton 1/2 et en ralentissant légèrement le tempo, on sera complètement dans l'esprit de la chanson. Le travail de nuit est fatiguant, et c'est sur ce chantier non terminé que je vais me coucher. Demain ce sera non stop du matin au soir, alors il faudra la pêche.
J’ai ensuite acheté leur album précédent « REVOLVER », le groupe pratique un gros metal nourri de multiple influences, du hardcore au stoner, le tout porté par un chanteur exceptionnel : Peter Dolving.
Pour finir ce TOP 3 de mes gentils hurleurs (rien d'extrême la dedans, j'en conviens), préférés, mon coté djeunz m'a fait particulièrement apprécié Corey Taylor de SLIPKNOT et STONE SOUR, qui a une super belle voix, on a vraiment l'impression que ce type devient "mad" quand il s'énerve, mais toujours avec une grande maîtrise du chant, ce qui rend le truc super agréable à écouter.
A noter qu'en France aussi on a de grands chanteurs sachant aller d'un belle voix claire au hurlement le plus rageur avec classe et maîtrise, notamment Yann Ligner de KLONE, qui m'a pas mal scotché sur le dernier album du groupe "All Seeing Eye", dont je conseille l'achat à tout les amateurs de bonne musique.
Rien à voir avec ces pseudo-chanteurs de groupe alternant gueulements excessifs et refrain clairs moisis sans savoir faire de nuances entre les 2, et ils sont nombreux ! 

Mouais.... dans les 2 cas il faut faire preuve d'un optimisme à toute épreuve pour y croire. En même temps, je pense qu'il faut être optimiste à ce point pour continuer à faire de la musique assimilée "Rock" en France :

Au bout de 10 années de repets en tout genre, j’ai donc vécu quelque chose de totalement nouveau et jouissif hier soir, 2 sentiments de pleine satisfaction.
Mais les rats de studio sont encore là, et un gros morceau nous attend ce WE : Guillaume arrive vendredi soir à la maison pour 2 jours d’introspection artistique. Au menu : réenregistrement des voix avec les paroles définitives (pour les titres qui en ont), débroussaillage des 3 ou 4 démos encore vierges, recherche de structure et d’esprit sur les chansons en chantier… Bref, un travail de minutie extrême, où il faudra aussi réfléchir à la pertinence de tout ce qu’on a déjà fait… Mais j’ai bon espoir que ça aille vite, car nous avons laissé très peu de place à l’improvisation jusque là, et il n’y a pas grand-chose qui nous fasse douter.

